Si vous avez lu ma brève précédente, vous savez déjà tout de l’impact map. La question que vous vous posez c’est peut-être « Comment passer de l’impact map au fameux backlog produit priorisé dont j’ai besoin pour lancer les développements ? ». La story map vous aide pour cela. C’est un outil que nous utilisons souvent chez CACD2 et voici pourquoi.

Quelques explications.

Dans mon article précédent, je vous ai laissé à la définition du périmètre fonctionnel avec l’impact map. Lorsque vous avez fait votre impact map, l’objectif de votre produit est clair, les impacts sur les différents acteurs pour l’atteindre sont définis et les fonctionnalités permettant ces impacts sont identifiées. La story map c’est la suite logique.

Cet outil a été popularisé par Jeff Patton qui a d’ailleurs écrit un livre (oui, un livre entier 🙂 ) sur la story map.

L’exercice du story mapping permet de passer du problème à la solution, de la stratégie à la tactique, des fonctionnalités aux user stories. Puissant, me direz-vous ! Voici comment.

Concrètement, à quoi sert la story map ?

  • Obtenir un produit cohérent
  • Visualiser les scénarios d’usage
  • Minimiser l’effort et maximiser l’impact
  • Aligner le périmètre fonctionnel aux impacts attendus
  • Définir et visualiser sa roadmap produit

Si vous n’avez pas l’habitude d’utiliser ce type d’outil, il vaut mieux construire votre story map en équipe. En effet, vous aurez ainsi l’occasion de vous aligner sur ce que le produit faire. Sinon, c’est plutôt un exercice qui incombe au Product Owner en collaboration avec l’équipe et les parties prenantes. La story map permet de replacer les user stories dans leur contexte plus global. L’enjeu est bel et bien de comprendre l’usage qu’elles vont servir.

Comment construire une story map ?

Une story map se construit sur deux axes. A l’horizontal on retrouve un enchainement de séquences ou d’étapes. On essaye de raconter un parcours utilisateur type. Sur l’axe vertical, on fait apparaître les user stories par ordre de nécessité. Ce qui nous laisse entrevoir les différentes releases (livraison en production). L’enjeu de ce découpage par nécessité c’est d’éviter d’embarquer des choses inutiles ou qui apportent peu de valeur (utilisateur, business ou de connaissance).

Déroulé d’un atelier de story mapping

Il peut durer quelques heures ou une journée entière. Toute l’équipe y participe. Chez CACD2, on organise donc des ateliers de story map avec l’équipe de réalisation et les métiers des entités clientes. Les étapes sont les suivantes :

  1. Organiser les fonctionnalités (features) par ordre chronologique sur des post-it. Ici, il faut raconter une histoire sur le parcours utilisateur type.
  2. Décomposer les fonctionnalités en histoires utilisateur (user stories) sur des post-it.
  3. Organiser les U.S (user stories) des plus nécessaires aux moins nécessaires. Ici, la question c’est de savoir si la story est indispensable pour une première version du produit. Cette question est posée au PO et à l’UX Designer. C’est une étape importante pour l’équipe et le produit. N’oubliez pas que cela reste une discussion!
  4. Identifier les U.S risquées avec les développeurs.

Voilà, vous avez votre story map.

Et mon backlog dans tout ça ?

A la fin de l’atelier, vous avez tout ce qu’il faut pour obtenir un backlog produit priorisé. Les affinages permettront ensuite au Product Owner de définir avec l’équipe de réalisation les différents sprints nécessaires pour chacune des releases.

La story map « enrichie »

Je vous ai décrit une story map assez simple. Ne soyez pas étonné, elle peut s’avérer être un peu plus complexe si vous avez plusieurs objectifs ou des profils utilisateurs avec des scénarios d’usage très différents. Si tel est le cas, vous devrez alors décider de tout faire apparaitre sur la même story map ou d’en faire plusieurs. Un conseil. Ce choix doit se faire en fonction de l’organisation des équipes (une équipe de développement ou plusieurs) et des priorités (est-il indispensable d’adresser tout le produit pour répondre à nos priorités ?). Voilà comment on passe du problème à la solution! Puissant, je vous l’avait dit.